FUMÉE ! IL Y A 20 ANS CE MOIS-CI - Penthouse France

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July 4, 2019

FUMÉE ! IL Y A 20 ANS CE MOIS-CI

La Penthouse Pontiac Funny Car parcourt le quart de mile (≈ 400 mètres) avec 6 000 chevaux sous le capot, les pneus qui flambent et le bruit du moteur qui s’embrase. Quelqu’un a des questions ?

FUNNY CAR : LE PENTHOUSE PONTIAC

Penthouse Cover de juin 1999. Le truc avec la vitesse, c’est que nous sommes tous des rêveurs. Il y a peu de gens possédant des voitures de série haute performance qui ne soient pas intimement persuadés que leurs voitures sont de vraies fusées. Ils arrivent à cette conclusion douteuse lorsqu’ils constatent qu’ils laissent tout le monde en plan derrière eux, alors que le feu passe au vert sur la rue Main. C’est vrai que du coin de Main et First à Main et Second, ils sont champions, mais sur la piste, ce ne sont que des crétins. Le problème, c’est qu’une piste de circuit est beaucoup plus longue qu’un  pâté de maisons en ville.

Si nos démons de la rue conduisaient leur voiture sur une vraie piste et se voyaient obligés d’accélérer à plein régime sur cette même distance de 1.320 pieds, ils viendraient heurter de plein fouet le mur de la réalité des courses . Cette dure réalité provient du fait que les voitures de production les plus rapides actuellement produites en Amérique ne peuvent tenir leur vitesse “extraordinaire”, c’est-à-dire un peu inférieure à 110 m.p.h (≈ 177 km/h) que pendant 13,5 petites secondes. .

Lorsque Frank Pedregon, le pilote, appuie sur la pédale du Penthouse Pontiac, les choses vont un peu plus vite… En fait, beaucoup plus vite. Pour commencer, le temps de Frank pour parvenir à mi-chemin seulement de la ligne d’arrivée est de   250 miles à l’heure(≈ 400 km/h). Ensuite, sur la ligne d’arrivée, il va pousser son véhicule va pousser au maximum et atteindre  310 miles à l’heure ! (Près de 500 km/h). Il a donc bouclé le tour en neuf secondes de moins que celui que vous avez fait dans votre super voiture américaine moderne et bodybuildée, simplement parce que le Penthouse Pontiac couvre habituellement le quart de mile en un peu moins de cinq secondes.

Maintenant, tentons une expérience. La prochaine fois que vous irez chasser avec vos potes ou que vous ferez un petit tir au pigeon, demandez à l’un de vos amis de confiance (attention : un ” véritable”  ami de confiance, c’est important…) d’approcher son calibre 12 un peu plus près de vous que d’habitude. Non, ce n’est pas encore assez près.

Quand on dit proche, on veut dire très proche. Ok, maintenant enlevons ces protège-oreilles. Puis,  le canon pointé vers l’arrière, demandez ensuite à votre ami  de tirer quelques balles. Ça fait un peu mal aux vieux tympans, non ?

Retournons sur la piste et voyons combien de décibels vous pouvez supporter à côté d’une voiture de course au démarrage. Tout ce que vous avez à faire, c’est de multiplier par huit le son de ce fusil de chasse, car chacun des quatre collecteurs d’échappement d’un moteur Funny Car est – environ deux fois plus gros qu’un fusil de calibre 12. Et avec un moteur suralimenté au nitrométhane, brûlant du carburant, qui tourne au ralenti à quelques milliers de tours/minute, le bruit n’est pas seulement assourdissant, il est potentiellement dommageable pour votre audition.

Lorsque le moteur démarre, de gros nuages de fumée jaune s’échappent et tout le monde dans la fosse met un masque à gaz : la fumée jaune et âcre du nitrométhane grillé n’est pas la chose sur laquelle on plaisante habituellement. Une fois que la voiture est sur la ligne de départ, la brise dissipe les fumées. Pour les vrais amateurs de courses de dragster, la bouffée de fumée occasionnelle qui subsiste, c’est du pipi  de chat !.

Il y a quelques années, j’ai écrit un article dans Penthouse intitulé “Riding the Rocket”, sur la sensation de ce que représentait la conduite d’une telle  voiture, et c’est vraiment ce que ressentent des pilotes comme Frank Pedregon, pilote du Penthouse Pontiac. La charge en G qui s’imprime dans le corps du coureur est décrite comme un poids lourd qui s’enfonce rapidement dans votre poitrine. Le sentiment doit être ressenti pour être vraiment compris. C’est exactement le contraire qui se produit sur la ligne d’arrivée lorsque les parachutes doubles sont déployés. Peu importe la force avec laquelle vous pensez avoir tiré sur le harnais de sécurité à cinq points d’ancrage pour le tendre au maximum, vous aurez toujours l’impression que vous allez être éjecté par le pare-brise quand la voiture va s’arrêter brusquement.

Mais la voiture et le chauffeur ne sont que ce qu’il y a de plus personnel sur la piste. Les y amener tous les deux est une toute autre histoire. La course, quel que soit son format, nécessite une équipe soudée pour réussir. Penthouse possède l’une des meilleures d’entre toutes de Jim Dunn Racing, de Long Beach, en Californie. Si Robert Duvall a joué le rôle du chef d’équipe de légende à la perfection dans “Days of Thunder” avec Tom Cruise et Nicole Kidman, Jim Dunn est ce personnage dans les réelles courses de dragsters . Pompier à la retraite, originaire du comté de Los Angeles, Dunn court en dragster pratiquement depuis que les premiers pneus ont rugi sur un circuit de course. Ses deux fils, Mike et Jon, sont également impliqués dans ce sport, accompagnés d’un second “Mike”,  pilote celui-là du dragster “Mopar Parts Top Fuel”, vainqueur des Winternationals de février dernier à Pomona(Californie). Jon est le mécanicien en chef de la voiture de course Penthouse ainsi que le copropriétaire de Crow Enterprizes, un fabricant d’équipements de sécurité en pleine croissance, basé en Californie du Sud.

L’aîné des Dunn a également remporté quelques succès au cours de ses propres courses, et il était aussi renommé pour son approche novatrice du sport que pour ses performances. Une série de participations au concours “Fireman’s Quickie” Funny Car a permis au concurrent “à temps partiel” de mettre à l’épreuve ses compétences dans ce que le sport avait de mieux à offrir, et bien qu’il ait rarement gagné, son concours dans ces courses ont eu un réel  impact. Sa voiture la plus insolite a peut-être été la Funny Car à moteur arrière, qu’il a présentée il y a plus de 20 ans. Avec son visage masqué par les flammes, pratiquement écrasé presque contre l’intérieur du pare-brise de la voiture, et le moteur situé littéralement à quelques centimètres derrière lui, Dunn se concentrait sur ses mains, occupées à tenter de conserver sa machine infernale sur la bonne trajectoire, ce qui a fait de lui une icône, malgré ses échecs répétés et le fait qu’il n’a jamais gagné de grandes courses.

Depuis qu’il a pris sa retraite, Dunn a été très demandé en tant que tuner, chef d’équipe et mentor. Au début des années 90, il a emmené sur des courses un jeune pilote japonais inexpérimenté, Kenji Okazaki, qui a apporté avec lui l’argent des sponsors. Dunn l’a alors transformé en vainqueur de l’épreuve nationale. Quand les sponsors ont ensuite disparu, Okazaki est retourné au Japon. Dunn s’est alors retrouvé sans le financement nécessaire pour poursuivre le championnat avec un autre pilote. Mettant généreusement la main à la poche, il s’est rapproché  du “bleu” Frank Pedregon, la saison dernière, pour pouvoir engager une voiture sur la course avec ses propres moyens. Bien qu’ils n’aient pu courir que la première moitié de la totalité de la course, Dunn et Pedregon ont néanmoins terminé leur saison sur deux victoires d’affilée.

Pedregon… Oui, ce nom vous dit quelque chose, n’est-ce pas ? Si l’on admet que les succès de certaines personnes, dans quelque domaine que ce soit, peuvent être attribués à leurs gènes, alors c’est le cas de Frank Pedregon. Fils d’un légendaire dragster des débuts de ce sport, un homme qui s’est fait un nom en faisant patiner les pneus arrière de sa voiture assez vite pour les enflammer, Frank a rejoint ses frères, Tony et Cruz, dans la guerre des Funny Car, après une brillante carrière dans la catégorie “juniors” de l’Auto Club américain et les voitures de sprint.

L’aîné des trois frères Pedregon, Frank, a été le dernier à saisir sa chance dans les courses de dragster. Cruz a remporté le championnat Winston de la National Hot Rod Association en 1992. Tony, qui a terminé deuxième derrière John Force, huit fois champion de Funny Car l’an dernier et qui a remporté les Winternationals de cette année, conduit la deuxième voiture de Force.

Frank s’était déjà engagé à conduire un dragster, mais il a sauté sur l’occasion de faire un doublé aux Winternationals. Il s’est envolé pour Phoenix pour commencer à rôder la voiture. Les essais se sont bien déroulés et les espoirs de victoire étaient modérément présents. « Même si Frankie et moi avons travaillé ensemble l’an dernier, a dit Dunn à l’ouverture des Winternationals, les gens ne devraient pas trop attendre de notre première course. Nous devons nous habituer l’un à l’autre, et ce n’est pas un processus facile lorsqu’il s’agit de voitures de course à 300 miles à l’heure (≈ 500 km/h). Je sais que Frank peut diriger les roues de la voiture – il l’a prouvé l’année dernière. Mais l’aérodynamisme de cette voiture est complètement différent. Nous utilisons une combinaison de moteurs différente et plus puissante, donc nous devons conduire un peu avant de pouvoir courir avec les gros concurrents ».

Pour Dunn, se contenter de qualifier la voiture pour l’ouverture de la saison aurait été une sorte de victoire, mais Pedregon n’en aurait pas profité. « Personne ne nous a aidé à payer les factures l’année dernière, a dit Frank,  mais avec Penthouse de notre côté, nous avons désormais tous les outils nécessaires pour gagner. Si tout le monde fait son travail correctement, tout ira bien. Je pense que nous pouvons remporter des courses, et si les choses se passent comme nous l’espérons, nous pourrions sérieusement être en lice pour la première place cette année. »

La piste de Pomona a été “difficile à conduire” pendant les Winternationals. Les températures froides et la pluie ont obligé tous les compétiteurs à rechercher la  combinaison idéale  pour conserver à la fois la puissance de la voiture tout en gardant les pneus accrochés à la piste. Seuls quatre pilotes ont franchi la barre des quatre secondes lors des essais qualificatifs. Aucun des Pedregon n’était parmi eux. Cruz, qui a terminé septième de la course aux points l’an dernier, n’a pas non plus réussi à se qualifier. Dunn n’était cependant pas découragé par les efforts de sa jeune équipe. « On ne peut pas gagner si on n’est pas dedans », a-t-il déclaré en tournant les clés de sa voiture samedi soir en fin de soirée.

Le dimanche s’est levé sous un soleil froid. Au premier tour, Frank et le gang Penthouse ont affronté Scotty Cannon, six fois champion du monde, médaillé de l’International Hot Rod Association Pro Modified World. Il  faisait ses débuts en N.H.R.R.A. Funny Car dans une voiture sponsorisée par Oakley eyewear. Pedregon, avec un temps de cinq secondes et une vitesse de 303,03 miles à l’heure (≈ 487 km/h), son meilleur temps de la fin de semaine, a brutalement renvoyé la nouvelle recrue dans les stands. « Peut-être qu’on est sur la bonne voie », dit Frank en souriant, mais ce ne fut pas le cas. Au deuxième tour, John Force a saboté la journée de Pedregon en réalisant une course à près de 317 miles à l’heure (≈ 510 km/h).

Loin d’être découragé, Dunn s’est montré plutôt satisfait. « Je pense que nous avons surpris certaines personnes, disait-il dans les jours qui ont suivi l’événement. Frankie a fait un travail de première classe, et on en a encore sous le pied. Nous avons environ 6 000 chevaux-vapeur sous le capot , a-t-il ajouté en souriant. Si on peut conserver les rênes, on va conduire Penthouse au sommet de la course de dragster ».

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