LE CHOIX DES JOUEURS: MARGO ADAMS - Penthouse France

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Une Aspiration, Un Style de Vie

May 12, 2019

LE CHOIX DES JOUEURS: MARGO ADAMS

PAR DAVID D. SHUMACHER

En décembre 1988, j’ai soumis mon entrevue avec Margo Adams à Penthouse, excité et heureux que nous ayons enfin pu raconter toute son histoire. Bien que nous nous attendions à ce que l’article suscite un intérêt extraordinaire, personne cependant n’était prêt à faire face à la tempête de controverse qui a suivi ; celle-ci a en effet englouti la totalité des pages des magazines sportifs du pays, après la fuite d’informations selon lesquelles Penthouse envisageait de publier cet article.

Lorsque j’ai commencé à faire des recherches sur l’histoire de Margo, j’ai été submergé par les éléments qui m’ont amené bien au-delà de l’histoire d’un homme et d’une femme et de leurs difficultés personnelles. En raison de certains aspects allégués et supposés par Margo, il était important que je parle au plus grand nombre possible de personnes concernées  gestionnaires, joueurs, entraîneurs – ainsi qu’aux différentes groupies, strip-teaseuses et amies qui les entouraient.

Ces conversations, je dois bien l’admettre, ont été passionnantes. Bien que la plupart d’entre eux ne m’aient parlé qu’en privé, j’ai finalement réussi à joindre plus de 90 % des personnes impliquées. Et même si je me suis fait quelques amis tout au long de mes recherches, vous pouvez parier que la plupart auraient préféré donner à manger à Freddy Krueger, – le personnage qui poursuit et tue des adolescents dans leur sommeil –, plutôt que de me laisser des infos à volonté.

Lorsque j’ai commencé à faire des recherches pour mon article, j’ai reçu beaucoup d’appels de joueurs de baseball de partout, chacun utilisant une variation de cette introduction, toujours avec ces mêmes mots : « serai-je mentionné dans l’article ? » La plupart ont même essayé de négocier avec moi : « je te confirmerai certaines parties de l’histoire ou je te donnerai une info encore plus incroyable si tu trouves le moyen de me laisser en dehors de ça ! » Un joueur a été très choqué quand il a reçu mon appel ; il s’est aussitôt exclamé : « Margo est au courant ? ». J’ai alors découvert que la majorité de ses coéquipiers connaissaient tout de la relation entre Wade Boggs et Margo, même si très peu d’entre eux approuvaient la liaison ou la partenaire.

Au final, j’ai discuté avec l’agent de Boggs, Alan Nero, et obtenu une interview qui m’a amené à avoir une conversation avec Boggs lui-même. Parfois, au cours de notre échange, je n’arrivais tout simplement pas à croire ce qu’il me confiait. Il avait pourtant souvent nié bon nombre des allégations que Margo avait divulgué dans les médias. Mais, en relisant mes notes, j’ai réalisé que Wade était un homme qui avait annoncé au monde entier en faisant les gros titres : « J’étais accro au sexe ! » À quoi d’autre devrais-je m’attendre de sa part à présent ? Me suis-je dit.

Alors que je poursuivais mes recherches sur l’histoire de Margo et de Wade, des douzaines d’appels téléphoniques ont commencé à arriver, aussi bien dans les bureaux de Penthouse que chez moi. Si la plupart d’entre eux concernaient des enquêtes de routine des journalistes, beaucoup d’autres en revanche ont été passés dans une tentative claire et nette d’empêcher la publication de cette histoire. Les rédacteurs de Penthouse ont également reçu des appels habituels des avocats et des agents des personnages concernés qu’un magazine ou un journal reçoit lorsqu’il travaille sur un article de cette nature ; mais certains autres, qui m’étaient destinés, étaient de nature nettement plus suggestive ou au contraire, se voulaient subtils en traitant le sujet de façon plus indirecte. Par exemple, j’ai eu des propositions pour travailler sur une série de livres biographiques sur le sport, dont un sur Boggs lui-même. Je suppose que je n’aurais pas dû être surpris que cela ait fait l’objet d’un camouflage de type Watergate, mais il se trouve que plus d’une centaine de journalistes de différents magazines ont soudainement envahi un match de baseball de bienfaisance, organisé par Pizza Hut, dans une tentative futile de s’emparer d’un morceau de cette histoire.

J’ai écouté d’une oreille attentive et bienveillante plusieurs heures de souvenirs évoqués par Margo et j’ai entendu tout ce que Boggs a déclaré au sujet à la fois de ses coéquipiers, de l’organisation des Red Sox et de tout le baseball, sans parler de ce que ses coéquipiers ont dit au sujet de Boggs. L’un de ces coéquipiers m’a confié de façon anonyme : « après tout ce qui s’est passé, il est évident que Wade ne peut pas continuer à faire partie des Red Sox de Boston. Les dommages causés ne pourront jamais être réparés. Ce que Boggs a fait n’est pas différent de ce que beaucoup d’autres joueurs de baseball font tous les jours, mais lui a perdu le contrôle de la situation ».

Rien n’est plus sauvage que la dernière semaine de l’entraînement de printemps, lorsque les épouses retournent à Boston. Vous n’imaginez pas à quel point c’est une frénésie et une mêlée générale.

Margo a raconté la plupart de ses expériences personnelles lors de son entrevue dans le Penthouse du mois dernier. Pour accompagner le portfolio exclusif des photos prises ce mois-ci par les meilleurs photographes du magazine, je lui ai demandé de commenter plusieurs aspects du monde du baseball, ainsi que de parler de son litige en cours avec Boggs et de la controverse entourant son entrevue dans Penthouse. Une grande partie de l’histoire n’a pas encore été racontée et de nombreux joueurs resteront dans l’anonymat, mais je crois que si les propriétaires de l’équipe et le commissaire du baseball lisent l’intégralité de l’histoire de Margo Adams, et que par hasard ils enquêtent davantage, pour enfin apprendre tous les détails – jusqu’au plus sordide – des coulisses du sport préféré des Américains, ils auront honte de faire partie de cette catégorie de sportifs.

POURQUOI L’HISTOIRE EST RACONTÉE

« J’ai attendu plus qu’assez et j’ai amplement donné l’occasion à Wade de faire et de dire ce qu’il m’avait promis depuis le début. J’avais le dos au mur, et j’avais également besoin du soutien financier que Penthouse pouvait m’apporter, ainsi que du soutien émotionnel. Wade s’est fait prendre en photo pour une page centrale d’un autre magazine. Pour lui, c’était à la fois stimulant et très excitant. Il n’a jamais ressenti un malaise quelconque à faire ces photos et franchement, moi non plus. J’ai reçu beaucoup d’offres, y compris des offres pour écrire des livres. Je me suis tourmentée en racontant notre histoire. Ce qui était difficile, c’était de dire toute la vérité sur les autres joueurs, même si c’était douloureux. Mais ils étaient aussi les amis de Wade, et celui-ci n’a jamais choisi de les protéger. Pour ma part, j’en ai également eu assez de les protéger. M. Guccione ne s’intéressait pas seulement à mes photos, il s’intéressait vraiment à l’histoire. Et c’est la raison pour laquelle j’ai choisi Penthouse, parce que l’histoire était tout aussi importante, sinon plus, que les photos ».

« Si Wade avait fait ce qu’il fallait en temps et en heure, tout aurait été fini ».

DE QUOI PARLE L’ÉQUIPE

« L’équipe, composée d’hommes exclusivement, parle de filles et de sexe. Qui fait quoi, et qui peut sortir avec qui, et qui a quelque chose à raconter sur son coéquipier. Leur attitude à l’égard des prostituées est la suivante : « Je ne vais pas payer pour faire l’amour avec elle. Pourquoi devrais-je la payer alors que la plupart des autres femmes me supplient de coucher avec moi ? » Un soir, pendant une tournée au Canada, alors qu’un des joueurs ne savait pas que sa conquête du moment était une prostituée, ses coéquipiers lui ont dit qu’il n’avait pas à la payer ».

« En ce qui concerne les joueurs qui s’inquiètent des maladies sexuellement transmissibles, je me souviens qu’une fois à Seattle, j’avais demandé à Wade où étaient les autres joueurs de son équipe. Il m’a dit que cinq de ses gars avaient engagé deux prostituées. J’ai dit : « vous plaisantez ! Savez-vous que je viens de lire que 22 % des prostituées de la région sont porteuses du virus du SIDA ? Ils utilisent des préservatifs au moins ? ». Wade m’a regardé avec un sourire énigmatique et m’a dit : « il se pourrait qu’ils aient des ennuis ».

Là où se trouvent les joueurs, se trouvent aussi des filles.

Tous les joueurs savaient que le meilleur bar de base-ball où aller pour baiser se trouvait à Oakland. C’était pour eux une garantie absolue de pouvoir s’envoyer en l’air. Wade l’appelait le Star Wars bar, parce qu’il ressemblait à une scène du film où une foule de gens très bizarres font la queue au bar. C’est vrai que les femmes que l’on trouve ici ne sont pas très jolies et de plus, c’est plutôt un bar à cocktails de classe très moyenne. Mais il est toujours bondé après le match. Et si Wade a déclaré que c’était le meilleur bar, c’est parce que toutes les femmes savaient que les joueurs n’avaient nulle part ailleurs où se rendre quand ils venaient jouer à Oakland.

Les bars de strip-tease de Cleveland et du Canada étaient aussi des endroits préférentiels pour s’envoyer en l’air. Les filles qui y travaillaient ne rentraient presque jamais chez elles avec les clients, mais elles le faisaient avec les joueurs de baseball. Elles étaient toujours très excitées quand elles arrivaient et rentraient à la maison avec eux. Pendant les numéros de striptease, les gars s’asseyaient devant et les regardaient, mais sans jamais donner de pourboire.

Oakland possède peut-être le meilleur bar du coin, mais ce n’est pas la meilleure ville pour s’envoyer en l’air. Le meilleur endroit se trouve en Floride, pendant l’entraînement de printemps. C’est là qu’on voit les plus fidèles groupies. Wade me disait que si j’entrais avec lui dans un bar de groupie, je m’énerverais rapidement, car si c’est drôle au départ, cela cesse de le devenir très vite.

Les filles traînent sans arrêt dans le coin et sont toujours en train de te pousser hors de leur chemin.

Les groupies que j’ai vues à l’entraînement de printemps étaient vraiment des filles habituées. La majorité de celles que vous voyez à travers tout le pays pendant la saison sont quelque peu embarrassantes. Dans les stades, elles étaient assises dans la section réservées aux épouses et pour lesquelles leurs maris avaient obtenu des billets, et on les entendait crier très fort : « allez les chercher, comme vous l’avez fait hier soir ». Je me sentais toujours mal à l’aise quand la femme d’un joueur était assise à proximité. Certaines des choses qu’elles entendaient étaient assez grossières et torrides. Si je devais noter les groupies sur une échelle de 1 à 10, elles se situent à l’échelon 3.

Je me souviens notamment d’un incident à Seattle, où Wes Gardner a commencé à sortir avec sa petite amie, qui est depuis devenue sa femme. Elle et sa copine étaient allées au match de baseball et avaient crié très fort pour encourager Gardner et un autre joueur, agissant comme des groupies. Les autres femmes des joueurs présentes se retournaient toutes, les regardaient de travers et faisaient des commentaires sarcastiques à leur sujet.

« Wade me disait que s’il m’épousait, il me serait impossible de continuer à faire des conneries et sortir avec les gars comme je le faisais auparavant. Une fois marié, vous n’avez plus le droit d’amener votre femme dans certains bars. Une fois qu’elle est assise et installée dans la section des épouses, elle ne peut plus aller dans aucun des endroits où les autres joueurs – y compris son mari – se rendent ».

« Lors de la dernière semaine de l’entraînement de printemps, quand les épouses retournent à Boston, vous n’imaginez pas à quel point cela devient une sorte de frénésie. C’est comme si on laissait les abeilles sortir de la ruche pour aller chercher du miel. Je veux dire que tout le monde baise sans arrêt. C’est à ce moment-là que les groupies entrent en action. Vous ne les verrez pas le jour, mais la nuit, elles sont partout ».

FIDÉLITÉ DANS LES LIGUES MAJEURES

« Bien que Wade m’ait trompé plusieurs fois pendant notre relation, pour ma part, je ne l’ai trompé qu’une seule fois. Je devais partir en voyage à Milwaukee ce jour-là, et à la dernière minute, Wade m’a appelé et m’a dit que Debbie [sa femme] allait partir avec lui, et que par conséquent, je devais rester à la maison. J’étais folle de jalousie. J’avais un bon ami, Steve Garvey, qui m’avait demandé d’aller au Texas avec lui ce même week-end. J’ai accepté l’offre de Steve pour rendre Wade jaloux, et ça a marché. J’ai parlé à Wade de mon rencard avec Steve. Il était bouleversé. Il voulait que j’annule mon voyage avec Steve et que j’aille à Milwaukee avec lui. Steve était célibataire à l’époque, et je me sentais plus à l’aise de sortir avec un homme célibataire car J’avais un avenir possible avec un homme tel que lui. Steve était un homme merveilleux, intelligent, très sexy, et un amant consommé… Bien meilleur que Wade ».

« Pour ce qui est des épouses des autres joueurs, Wade m’a raconté en détail l’histoire d’un de ses coéquipiers et de sa femme à l’époque où il jouait pour Boston. Nous étions alors en voyage à Kansas City quand il m’a dit que cette femme entretenait une liaison avec un type à Martha’s Vineyard. C’est la raison pour laquelle il avait été aussi heureux d’avoir changé d’équipe à l’American League West. Il pensait qu’une fois qu’il aurait emmené son épouse loin de là et de ce type de Martha’s Vineyard, elle oublierait son attirance pour lui. Wade m’a aussi confié qu’un autre de ses coéquipiers couchait toujours avec la femme d’un des joueurs ».

LE BASEBALL ET LA LOI

« Au cours de notre relation, j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs amis de Wade qui travaillaient pour le F.B.I. À la fin de notre relation, Wade et moi avons discuté de la façon dont nous allions compenser les salaires que j’avais perdus pendant mes quatre années de voyage, et la dernière conversation que nous avons eue concernait le fait de me payer 100 000 $, soit le montant de ce que j’ai estimé avoir perdu durant notre dernière année passée ensemble. Je crois que Wade a paniqué car il a aussitôt appelé ses amis du FBI. Je n’avais jamais menacé Wade. Alors, quand le FBI est arrivé chez moi, j’ai cru que c’était une blague et qu’ils étaient acteurs. C’est après qu’ils m’ont montré leur plaque que j’ai réalisé qu’ils étaient bien réels, ce qui m’a fait pleurer. J’ai immédiatement appelé mon avocat et il s’est occupé de tout à partir de ce moment-là. Après avoir appelé mon avocat, les agents du FBI se sont poliment excusés et ont quitté mon salon, déclarant que c’était désormais une affaire civile ».

« Avant cela, je me souviens qu’à Seattle, Wade m’avait présenté à ses amis du F.B.I., qui m’avaient raconté comment ils avaient pu arrêter Oil Can Boyd. Ils savaient qu’il avait été vu avec un trafiquant de drogue connu, mais ils n’avaient rien pu faire à cause de la mauvaise publicité que cela aurait suscité dans la presse sportive. Il y a certainement du favoritisme de la part de la police, surtout quand on arrête un joueur comme Oil Can, qui a tendance à prendre la tangente. Ces types ont des amis flics dans tout le pays. Ils ont des secondes chances que personne d’autre ne pourrait avoir. Ce qui explique qu’ils font des pieds et des mains pour se lier d’amitié avec la police ».

UNE NUIT DANS LA GRANDE POMME ET LES METS ÉTONNANTS

« Il y a quelques années, alors qu’ils étaient à New York pour jouer contre les Yankees, Wade et un de ses anciens coéquipiers faisaient leur jogging dans les rues de New York. À quatre ou cinq heures du matin, ils ont ainsi pu apercevoir dans un appartement, de l’autre côté de la rue, une femme qui faisait des exercices de gym tôt le matin, complètement nue. Elle était tellement belle qu’ils se sont précipités dans toute la ville pour trouver un magasin ouvert toute la nuit ; ils se sont dépêchés d’acheter une paire de jumelles et sont retournés l’observer, tranquillement assis, pendant un long moment. Wade a déclaré que c’était vraiment excitant ».

« Wade et tous ses coéquipiers des Red Sox pensent que les Mets sont situés plus bas que le bas du tableau. Ils pensent même qu’ils sont dégoûtants. Ils pensent que les Mets sont tous des petits malins, et que Gary Carter est le pire de tous. Quand Dwight Gooden s’est fait prendre avec de la drogue, Wade a dit : « je ne veux pas qu’un drogué me lance une balle à 90 km/h ».

COMMENT WADE BOGGS S’EST VRAIMENT BLESSÉ AU DOS

« Wade m’a appelé quand c’est arrivé à Toronto. Je crois que c’était début juin. Les gars étaient sortis boire dans un endroit où ils avaient leurs habitudes à Toronto. Il était avec Ernie Whitt, des Blue Jays de Toronto, et il avait aussi des potes avec lui. Wade avait une nouvelle paire de bottes ce jour-là. Il adore les bottes de cow-boy, et Ernie les admirait. Wade m’a dit qu’il était tellement ivre à ce moment-là que lorsqu’il s’est approché pour enlever ses bottes, et les faire essayer à Ernie, il est tombé du canapé.  À l’époque, il était tellement ivre qu’il n’a absolument rien senti sur le coup. Mais par la suite, cela s’est transformé en une blessure qui l’a empêché de jouer. Il a dû inventer une histoire, car il ne pouvait décemment pas dire qu’il s’était fait mal dans un bar, en tombant d’un canapé parce qu’il était trop ivre…  C’est là qu’il a inventé cette histoire de chute dans sa chambre d’hôtel, prétendant qu’il avait trébuché en enlevant ses bottes ».

LES AUTRES FEMMES DE WADE

« J’ai découvert qu’il faisait l’imbécile (c’est-à-dire qu’il me trompait…), parce que d’autres filles appelaient sa chambre. La première année, il y a eu beaucoup d’appel, puis ça a diminué, puis ça a recommencé l’année dernière. L’une des raisons qui m’ont rendue furieuse contre lui, c’est qu’il n’a jamais voulu mettre un frein à ces appels ».

« Le jour de son anniversaire en 1987, alors que nous étions allongés dans notre lit, le téléphone a sonné 21 fois, différemment. Et cela n’a pas été 21 sonneries, mais bien 21 sonneries différentes ! Souvent, je pense que c’était juste pour satisfaire son ego. Il n’y avait pratiquement jamais de messages quand il ne répondait pas, alors il s’agissait évidemment de filles qui ne voulaient pas laisser leur nom et leur numéro au cas où sa femme serait présente lors de leur appel. Je lui demandais souvent : « mais qui sont ces femmes qui t’appellent ? » Et son excuse favorite était toujours celle-ci : « oh, c’est une fille qui voit un autre joueur et elle m’appelle juste pour savoir si sa femme est avec lui ou non ».

« Il y avait beaucoup de villes où il laissait des billets pour que les femmes – ses groupies personnelles –  puissent s’installer dans les tribunes. Un jour, je me suis retrouvée assise juste derrière une femme, à Anaheim, qui a scruté Wade à la jumelle quand celui-ci est arrivé à la batte. Elle avait environ 45 ans et ressemblait à une motocycliste. Elle disait à ses amies : « tu vois cette jolie moustache ? Ça chatouille vraiment quand il te tombe dessus. » J’étais mortifiée. Plus tard, je lui ai fait la réflexion suivante : « mon Dieu, qu’aurais-tu fait si ce n’était pas moi mais Debbie, qui avait été assise là ? Tu dois vraiment te montrer plus prudent ».

DÉFENDRE L’HONNEUR DE MARGO

« Un soir, à Oakland, quelques amis de Marty Barrett ont fait quelques commentaires à mon sujet. Quand je l’ai répété à Wade, plus tard, il est entré dans une colère noire. Il a essayé d’appeler la chambre de Barrett, mais celui-ci filtrait les appels, alors Wade s’est mis en colère parce qu’il ne pouvait pas lui parler. Il a finalement appelé la réception et a dit : « ici Wade Boggs. J’exige que vous me passiez la chambre de Barrett immédiatement. » Quand Marty a finalement répondu, quelques instants plus tard, Wade a hurlé : « comment oses-tu gâcher ma vie ? Je te verrai demain et tu paieras pour ça. » Il était vraiment furieux ».

« Le lendemain, Wade m’a dit qu’il avait bousculé Barrett contre un casier en lui disant : « si jamais l’un de ces gars foire encore, je me retire du baseball. J’ai assez d’argent. Je vais partir et pêcher le reste de ma vie. Allez tous vous faire foutre ».

UN RASAGE AMICAL

« Wade aimait me raser. Mais c’était très agréable pour moi également ».

VISSER LES VENTILATEURS

« Ce sont les garçons du clubhouse et les Batboys (les ramasseurs de balles) qui répondent à la majorité du courrier reçu. La plupart des cartes et objets envoyés aux joueurs, attendant d’être dédicacés, sont simplement signés par les Batboys. Les garçons du clubhouse sont en effet payés individuellement par les joueurs pour signer la plupart des articles. Je me souviens d’une fois où Wade était venu à mon agence ; il y avait une balle sur le bureau d’un employé et Wade m’a dit en s’approchant : « voyons si je peux deviner si c’est une balle que j’ai signée ou que le batteur a signée ». Une autre fois, alors que nous étions à Oakland un soir, après un match, un fan s’est approché de notre table et a demandé un autographe à Wade. Le batteur assis à côté de Wade a regardé tout le monde autour de la table et lui a demandé : « tu veux que je le signe ? » Wade était furieux, il a attrapé sèchement le batteur par le col et lui a dit : « ne refais plus jamais ça en public ». Wade m’a ensuite expliqué que 90 % des articles envoyés au parc sont en fait signés par les batteurs et non par les joueurs. Malgré tout, il y a quelques exceptions, comme Bruce Hurst par exemple, qui a signé toutes ses affaires ».

« Le seul lieu où un collectionneur peut être sûr d’obtenir un objet réellement signé de la main d’un joueur, c’est lors d’un salon de cartes. Les joueurs sont en effet payés en espèces ce jour-là pour signer à ces spectacles ».

« Au début de notre relation, Wade recevait 1 200 $ pour participer à une émission. À la fin de notre relation, il recevait 12 000 $. Je me souviens qu’après un spectacle en particulier, il s’est présenté dans la salle avec 12 000 $ en espèces. On en a dépensé 10 000 pour mon cadeau d’anniversaire, une Rolex en or. Comme pour les expositions de cartes, Wade était chargé de signer un certain nombre d’articles. Mais s’il était agacé à l’idée de s’asseoir et de devoir signer tous les articles de l’exposition, alors le promoteur envoyait les articles concernés à la salle la veille afin qu’ils soient quand même signés au préalable. Mon travail consistait à comptabiliser méticuleusement tous les objets signés par Wade. En effet, il était furieux contre les promoteurs parce que ceux-ci s’arrangeaient toujours pour essayer de faire signer une centaine d’articles de plus que le contrat spécifié. Wade m’a même parfois demandé de signer de son nom sur des articles, mais j’ai toujours refusé ».

« Les joueurs ont un terme spécifique pour désigner cet argent. Ils appellent ça de l’argent “trou à rat”. C’est-à-dire de l’argent facile, de l’argent qu’ils gardent pour eux. La plupart des femmes ne le savent même pas. Certains joueurs utilisent cet argent pour leur petite amie, d’autres l’utilisent pour s’habiller. Plusieurs joueurs s’habillaient élégamment, se promenaient dans les centres commerciaux et profitaient de l’expérience des vendeurs. Ils ne manquaient pas d’argent, et ils pouvaient en faire ce qu’ils voulaient. Wade l’utilisait pour mes billets d’avion. Ils n’ont même pas besoin de redonner une commission à leurs agents, car de nombreux promoteurs appellent directement les joueurs pour organiser une séance de dédicaces. Un samedi de l’été dernier, par exemple, j’ai vu le spectacle de baseball d’avant-match de la NBC et j’ai entendu comment l’I.R.S. examinait les paiements importants en espèces réglés aux joueurs en échange de leurs autographes ».

UN DERNIER MESSAGE À DEBBIE

« Si un homme comme Wade triche une fois, il trichera toujours ».

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