TOBY KEITH - Interview - Penthouse France

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Une Aspiration, Un Style de Vie
Toby Keith

May 1, 2012

TOBY KEITH

MAI 2012

TOBY KEITH

Bien sûr, Toby Keith a eu toute une série de succès discographiques, mais celui dont nous voulons parler, le plus important, c’est le « Mémorial Day », sa tournée pour les troupes américaines et les anciens combattants.

COMMENT TU L’AIMES MAINTENANT ?

L’album actuel de Toby Keith, « Clancy’s Tavern », inspiré de ses fréquentes visites au cours de son enfance dans le club de sa grand-mère, est arrivé en première place du hit-parade en octobre dernier. Toby a été nommé artiste de la décennie aux « American Country Awards 2011 ». Son tube « Red Solo Cup », deuxième single extrait de « Clancy’s Tavern », a également été téléchargé en première position sur iTunes. De plus, le magazine « Beverage Media » a qualifié son « Wild Shot Mezcal » de « mezcal premium numéro un sur le marché américain ». Il a même été nommé meilleur artiste national par le magazine « Forbes ».

Pourtant, le fils préféré de l’Oklahoma n’aime rien de plus que de parler de ses voyages à l’étranger pour divertir les troupes américaines, ainsi que de son travail avec les anciens combattants de retour. Keith, à 50 ans, s’est lancé dans cette mission après son hymne omniprésent, « Courtesy of the Red, White, and Blue (The Angry American) » – en réaction virulente aux attaques terroristes du 11 septembre – et qui s’est avéré être un cri de ralliement pour ses compatriotes belligérants. Peu lui importe que les critiques l’aient dénoncé alors comme étant du “jingoïsme à la noix”.

Keith a également joint le geste à la parole, et c’est ainsi qu’après un voyage à Bagdad en 2003, il a commencé à essayer d’améliorer les conditions de vie des américains qui combattent à l’étranger. Lors d’un voyage en Afghanistan en 2007, il a observé comment les troupes des avant-postes éloignés vivaient entre des murs de sable, sans le moindre confort. Cela l’a immédiatement poussé à parrainer le programme « USO2GO », qui distribue des colis de première nécessité aux bases américaines à l’étranger. Keith est également cofondateur – avec les joueurs de la NFL Tommie Harris, Roy Williams et Mark Clayton – de « Pros 4 Vétérans », qui offre une assistance et des conseils juridiques aux soldats oklahomains qui reviennent du service actif.

Dans ses chansons comme dans ses interviews, Keith est énergique, franc et passionné.

De quelle façon vous êtes-vous autant impliqué avec l’OSU ?

La première fois que je me suis rendu en Afghanistan, c’était il y a dix ans. J’allais partir pour deux semaines l’année qui a suivi la mort de mon père, pour l’honorer, puis j’ai dit : « Il faut qu’on recommence. » J’y suis retourné l’année suivante, et l’USO m’a dit : « Tu pourrais être une grande force à l’USO. » C’est ainsi que mon agent, Curt Motley, est devenu membre du conseil d’administration, et il travaille dorénavant sans relâche pour essayer de convaincre d’autres artistes de se joindre à lui.

Vous avez récemment fait les manchettes avec votre programme USO2GO. Comment cela s’est-il passé ?

Alors que nous étions sur place, nous avons remarqué que certaines de ces FOB [bases d’opérations avancées, ou positions avancées sécurisées utilisées pour appuyer les opérations tactiques] avaient des conditions plus que déplorables pour la R&R. Ces garçons prennent des paniers en fil de fer et y tassent des morceaux de carton, puis les remplissent de sable, et les empilent… C’est ce qui forme leur mur ! Puis ils installent des huttes en carton pour manger et des tentes ; ils ont aussi une petite pièce de 20 pieds sur 30, avec un peu d’air, et ils s’assoient là en essayant de faire tourner un DVD.

C’est la raison pour laquelle nous avons mis sur pied ces programmes d’entretien qui comprennent des choses aussi hétéroclites que des lecteurs DVD, des écrans plats, des jeux et des PS3. L’ASS est un défenseur du moral, et il apporte un peu de chez lui.

Pourquoi y retournez-vous sans cesse ? Qu’est-ce que cela vous apporte comme satisfaction personnelle ?

Il y a là, effectivement un grand vide à combler. J’ai personnellement donné 180 spectacles, et il faut en compter autant sinon plus pour faire passer le mot ! Cela devient réellement nécessaire… J’y passe deux semaines par an et le conseil d’administration de l’ASS peut s’en servir comme d’un outil formidable pour inciter d’autres personnes à y participer également. Mais quand vous décidez d’y prendre part, vous avez alors deux écueils qui se dressent devant vous. L’un est politique : beaucoup de célébrités préfèrent ne pas être associés à ce spectacle à cause des possibles retombées politiques qu’ils pourront subir en représailles. Et il y a un autre facteur distinct pour beaucoup d’entre eux qui est la peur. C’est le plus gros problème. En effet, nous atterrirons dans une grande base en Afghanistan, puis nous irons dans les petites bases, les petites FOB sur le front, et nous jouerons dans autant de bases avancées que possible. Je me dis que si je réussis à donner 180 spectacles ici, je peux au moins me rendre à l’hôpital Walter Reed à Washington et serrer des mains. Mais si je peux convaincre quelqu’un d’y aller au moins une fois, il découvrira alors à quel point c’est génial ! C’est une merveilleuse leçon de géographie, en même temps qu’une merveilleuse leçon d’histoire, que vous ne pourrez obtenir nulle part ailleurs ! Parler, discuter avec ces gars qui mettent leur vie en jeu tous les jours… Déjeuner, serrer des mains et passer du temps avec eux, c’est une expérience merveilleuse.

Vous avez également vécu des expériences effrayantes. Quatre mortiers ont explosé près de vous et vous avez dû vous abriter dans un bunker, par exemple.

Oui, mais cela arrive tout le temps ! Les gens qui vous entourent vivent avec cette crainte chaque minute, alors ils y sont préparés, et heureusement, car l’ennemi est composé de stratèges ingénieux, ainsi que de terribles guerriers. Dès lors qu’un lancement est détecté, une sirène retentit, et il ne vous reste plus qu’à vous engouffrer dans un bunker en attendant que les missiles frappent. Une fois que l’attaque est passée, vous ressortez et vous continuez votre journée normalement…

A-t-il été facile pour vous de comprendre ce que les soldats voulaient entendre ?

Ma plus grande confrontation avec la réalité militaire a eu lieu lors de mon premier séjour. Nous avions pris un C-17 en provenance d’Allemagne pour nous rendre au Koweït, puis un C- 130 du Koweït jusqu’à Bagdad. Quand nous avons atterri, il faisait noir et il faisait encore 122 degrés. Nous sommes arrivés à la base de Camp Cook, qui venait de perdre quatre hommes, quelques heures seulement avant notre arrivée. Nous avons donc joué un spectacle plutôt sombre. Je ne savais pas à quoi m’attendre, alors j’avais prévu plein de trucs comiques. Je voulais les faire rire. Mon père chantait une chanson intitulée « Army Life », qui était très populaire il y a 50 ans. J’avais donc envie d’écrire un tas de trucs comme ça, de jouer quatre ou cinq tubes, de jouer « Weed With Willie » et de les faire sourire, surtout après la terrible perte de quatre soldats. L’atmosphère était si sombre qu’il suffisait d’en profiter pour essayer.

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